Fin des années quatre-vingt, en été, il fait beau et chaud et je sors difficilement d’une relation de sept ans.
Cette nuit-là, je ne trouve pas le sommeil. Trop faim ? En manque ?
L’orée du Bois de Vincennes est à quelques pas de chez moi. J’y connais un lieu de drague.
Cette nuit-là j’ai rencontré un garçon magnifique, grand, mince, beau. Vingt ans, pas plus. Et toute la misère du monde dans les yeux.
Sans un mot, j’ai déboutonné sa chemise, il m’a aidé à dégrafer son jeans et à baisser son caleçon, et debout contre un arbre, la tête en arrière, il m’a laissé caresser son sexe… et a déchargé sur son ventre aussi vite qu’il m’avait abordé, aussi vite qu’il allait bientôt s’éloigner et disparaître.
Sa peau totalement épilée (je me demande encore s’il avait jamais eu de poils et cela m’a terriblement excité), sa peau était très douce et mes doigts y ont étalé délicatement son sperme avant d’être brusquement repoussés.
Jamais je n’ai connu de pratique à risques.
A cette époque, mon ex était au chevet de celui qui m’avait remplacé dans son cœur et dans son lit, mourant de pneumocystose, et c’est un peu comme si j’étais moi aussi touché. Ne jamais connaître ça !
Mais je suis diabétique insulino-dépendant. L’auto-surveillance de mon diabète passe par de multiples prélèvements de sang que je fais quotidiennement au bout des doigts et qui, chaque fois, occasionnent une petite blessure.
Oui, ne souris pas…
… cette nuit-là, j’ai été « contaminé » pour n’avoir pas mis de gants Mapa.
Sors couvert !
