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	<title>où vas-tu basile ?</title>
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		<title>il me tarde tant</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Dec 2008 01:10:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[au nom du père]]></category>
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		<description><![CDATA[La cage d&#8217;escalier est glaciale. Basile grelotte. De froid. De peur contenue. Il n&#8217;a pas encore réussi à poser ses petits pieds nus sur une seule marche qui ne se soit pas plainte. Celle-ci pleurniche, une autre a poussé un petit cri sourd. Il n&#8217;aurait jamais dit que le vieil escalier était aussi rhumatisant et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=368&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La cage d&#8217;escalier est glaciale. Basile grelotte. De froid. De peur contenue.</p>
<p>Il n&#8217;a pas encore réussi à poser ses petits pieds nus sur une seule marche qui ne se soit pas plainte. Celle-ci pleurniche, une autre a poussé un petit cri sourd. Il n&#8217;aurait jamais dit que le vieil escalier était aussi rhumatisant et souffreteux, aussi geignard. De jour, quand il le dévale en trombe ou quand il escalade les deux volées au pas de course, jamais les marches ne gémissent autant. A croire qu&#8217;elles le font exprès. Comme les lames du parquet de sa chambre, tout à l&#8217;heure. Basile a bien cru qu&#8217;il n&#8217;atteindrait jamais le couloir sans réveiller Baptiste, son petit frère.</p>
<p>Le palier, lui, s&#8217;est tu. Ici, ce ne sont pas les bruits qui effraient le petit bonhomme, mais le liseré de lumière, sous la porte des cabinets. Basile a reconnu les toussotements de sa maman. Il n&#8217;est pas rassuré pour autant. Il a une trouille bleue devant elle, et là, il se sent… fautif. Il sait bien qu&#8217;il devrait être dans son lit. Il a beau se dire que l&#8217;excuse est belle d&#8217;avoir besoin d&#8217;un petit pipi, Maman ne le croirait pas. Elle menace toujours de l&#8217;enfermer là s&#8217;il s&#8217;obstinait à ne pas être sage. Elle n&#8217;a pas manqué de le faire en deux ou trois occasions, mais aussi de placer un seau hygiénique en tôle émaillée au pied du lit que partagent ses deux garçons.</p>
<p>Elle non plus ne doit pas beaucoup aimer cet endroit. Les cabinets font à la maison comme une verrue qui aurait poussé dans la venelle humide la séparant de la grosse bâtisse voisine. Ils sont comme le fruit de la moisissure, un petit local exigu au plancher branlant, à la toiture en tôle plastique ondulée, jaunie et moussue, autrefois transparente, aujourd&#8217;hui à peine translucide, et aux murs de planches brutes, ni équarries, ni jointives. Quand il pleut à verse, les gouttières débordent ou fuient dans un beau fracas sur le &laquo;&nbsp;petit coin&nbsp;&raquo;. Quand il gèle à pierre fendre, s&#8217;y mettre cul nu relève de l&#8217;exploit ou de l&#8217;esprit de sacrifice. Les ampoules y grillent les unes après les autres, victimes de court-circuit, et c&#8217;est la nuit en plein jour. Comment Basile, et son petit frère plus encore, ne seraient-ils pas effrayés à l&#8217;idée d&#8217;aller faire là leurs besoins quand leur pauvre maman l&#8217;est autant ?<br />
La porte des cabinets a deux verrous. Le premier à l&#8217;intérieur, c&#8217;est normal, pour s&#8217;y enfermer tranquille. Le second, à hauteur d&#8217;enfant, à l&#8217;extérieur, pour pouvoir la maintenir fermée (sinon elle est toujours grande ouverte, et &laquo;&nbsp;c&#8217;est insupportable !&nbsp;&raquo;), et aussi&#8230; pour pouvoir l&#8217;y enfermer, lui, Basile.<br />
Comment résister à l&#8217;irrépressible envie de faire jouer le loqueteau ?</p>
<p>Avec son habituel petit sourire narquois, le garçonnet a prudemment attaqué la descente de la deuxième volée, doublement aux aguets. Toutes les marches ont craqué. Leur bois était seulement froid, en bas le carrelage est glacial sous ses pieds. Il n&#8217;en a cure, dans quelques mètres, il sera dans la cuisine, près de la grosse cuisinière en fonte devant laquelle il a déposé ses petits souliers, tout à l&#8217;heure, au milieu des chaussures de toute la famille. C&#8217;est l&#8217;emplacement d&#8217;une cheminée, bien sûr, mais Basile est un peu incrédule, il imagine mal le Père Noël atterrir là. Par où va-t-il passer, d&#8217;abord ? Pour lui amener quoi, il n&#8217;a rien commandé, il préfère laisser vagabonder ses rêves fous ? Ce sont autant de bonnes questions curieuses qui lui ont fait braver la peur et le froid de cette nuit d&#8217;hiver si particulière.</p>
<p>Jamais il n&#8217;aurait pensé aller de la sorte de surprise en surprise. Les cloches de la Cathédrale viennent de tinter deux fois, à l&#8217;instant, et malgré l&#8217;heure, Basile entend faiblement la radio qui joue en sourdine des chants liturgiques de circonstance. Qui n&#8217;a pas éteint l&#8217;énorme poste Manufrance où l&#8217;on ne capte que deux stations en grandes ondes : Allouis pour le Grenier de Montmartre, et Monte-Carlo pour Quitte ou Double ? Et qui a laissé allumée la lumière de la cuisine ?<br />
Le garçonnet a passé la tête par l&#8217;entrebâillement de la porte. Il n&#8217;en croit pas ses yeux. Son père est assis à la table familiale nappée de papier journal. Il a sur lui son bleu de travail. Il lui tourne le dos. Une Gauloise brûle toute seule dans un cendrier&#8230;<br />
Le papa de Basile tient un pinceau en main. Il est en train de badigeonner avec application une espèce bizarre de boîte en bois aux coins arrondis. Cette caisse est montée sur de petites roues à rayons et à pneus pleins (&#8230; qui ressemblent drôlement à celles de l&#8217;ancienne poussette de Baptiste, se dit l&#8217;enfant) et elle ne tient pas en place. Avec la même peinture qui empeste la pièce, à l&#8217;atelier de menuiserie, on apprête les volets neufs, les huisseries ou tous les bouts de bois destinés à vivre dehors. Ni grise, ni bleue, sèche elle ne brille plus, elle se contente de protéger. Basile aime bien sa couleur hésitante et triste, mais moins son odeur. Il lui préfère celle de la sciure fraîche.</p>
<p>- Que fais-tu, Papa ?<br />
L&#8217;homme a fait un bond qui aurait pu le jeter de sa chaise. Il s&#8217;attendait visiblement à tout sauf à entendre une voix enfantine et douce poser dans son dos une telle question. Il reprend pourtant très vite ses esprits et, grondeur et amusé, il demande à son tour :<br />
- Et toi fiston, que fais-tu là ? Nu-pieds en plus, tu vas prendre mal&#8230;<br />
- C&#8217;est quoi, Papa ?<br />
- C&#8217;est une voiture de course, à pédales. C&#8217;est ton cadeau de Noël, tu sais. Le Père Noël est passé un peu après minuit. Je n&#8217;étais pas encore couché. Il m&#8217;a dit&#8230;<br />
- Tu lui as parlé ? l&#8217;interrompt son petit homme.<br />
- Oui mon garçon. Oui. Il m&#8217;a dit qu&#8217;il avait eu beaucoup de travail et beaucoup&#8230; de soucis, cette année. Il n&#8217;a pas eu le temps de tout finir. Alors il m&#8217;a demandé si je voulais bien terminer la peinture, pour lui, et je viens d&#8217;ailleurs tout juste d&#8217;achever&#8230; la première couche&#8230;<br />
Quelle meilleure récompense pour Calliste que les grands yeux émerveillés de son rejeton, sous sa tignasse tout ébouriffée par les rêves faits au creux de l&#8217;oreiller, et par les gros doigts songeurs de charpentier qu&#8217;il vient de noyer dedans.<br />
Sous la caresse, Basile s&#8217;est remis à trembler, comme une feuille au vent. Son papa l&#8217;a pris sous les bras pour l&#8217;asseoir sur ses genoux. Le pinceau est tombé par terre, sur le carrelage qu&#8217;il a éclaboussé d&#8217;une kyrielle de petites gouttes&#8230;<br />
- Ce n&#8217;est rien&#8230;<br />
Basile a sommeil. Il a envie maintenant de s&#8217;endormir sur les genoux de&#8230; Calliste. Il rêve déjà, n&#8217;est-ce pas&#8230;?</p>
<p>La porte de la cuisine vient de s&#8217;ouvrir toute grande avec fracas et dans un cri qui déchire la nuit.<br />
- Non Maman, nnooon !!!<br />
- Non Léonie, NON !</p>
<br />Publié dans au nom du père, roman privé Tagged: jouets <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/368/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/368/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=368&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<pubDate>Tue, 16 Dec 2008 19:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>La première fois que je l&#8217;ai vu, c&#8217;était Gare du Nord, en haut de l&#8217;escalator côté banlieue. Il était debout sur l&#8217;avant-dernière marche de l&#8217;escalier fixe, nonchalamment appuyé d&#8217;une épaule contre le mur, les doigts dans les poches du jean, et il avait l&#8217;air de se tourner les pouces. En fait, il tournait vraiment ses pouces, machinalement, et caressait tour à tour le cuir du ceinturon et la couture renforcée du bord des poches. Sinon, il restait immobile, le regard fixe et glacé, la moue boudeuse et bien peu amène.<br />
Je mentirais si je disais que je ne l&#8217;aurais pas remarqué sans la tapageuse boucle de sa ceinture. Un H énorme et grossier, en métal doré et bimbeloterie, surlignait sa braguette et attirait l&#8217;œil plus sûrement que, plus bas, la légère protubérance dessinée par son sexe prisonnier.<br />
Comme je sortais tout juste du ciné où je m&#8217;étais payé le dernier Truffaut, l&#8217;idée m&#8217;est tout de suite venue d&#8217;appeler mon gigolo Hugo. J&#8217;ai cette drôle d&#8217;habitude de nommer ou surnommer tous ceux qui croisent ma route, pour peu qu&#8217;ils aient retenu mon attention. C&#8217;était le cas de ce gars, le même âge que moi, le même ennui sur les épaules, le même dessein, assurément, et s&#8217;il n&#8217;avait absolument rien à voir avec Adèle H, je trouvais qu&#8217;Hugo lui allait plutôt bien.<br />
J&#8217;ai tout de suite vu en lui un… rival. Un rival dangereux. Si l&#8217;un de nous deux était de trop, ici, c&#8217;était bien lui, trop blond, mais d&#8217;un blond sale, les yeux trop bleus, mais d&#8217;un bleu lavasse, trop petite frappe, trop slave, trop Gare du Nord, trop… trop…<br />
Il a tout de suite vu en moi… celui qui venait piétiner ce qu&#8217;il croyait être son pré carré. Il a aussitôt emboîté mon pas.<br />
Dimanche, vingt-deux heures, la salle des pas perdus est quasiment déserte. Alors j&#8217;ai fait un rapide demi-tour. Surpris, il a failli me heurter. Je l&#8217;ai juste effleuré de la main. J&#8217;ai cru voir, voire entendre, comme des étincelles électriques…<br />
Quand j&#8217;ai redescendu l&#8217;escalier, il courait derrière moi, très près de moi, et il m&#8217;a dépassé pour entrer le premier en bas à gauche, au pied des marches, dans les toilettes publiques.<br />
La dame-pipi et lui m&#8217;ont paru être comme cul et chemise. Il a appuyé ses deux mains bien à plat sur l&#8217;espèce de banque derrière laquelle Martine trône à longueur de jours et de semaines. Il s&#8217;est soulevé sur ses bras pour aller lui déposer un baiser sur le haut du front. Elle a joué les écœurés, et puis elle a ri.<br />
Je l&#8217;aime bien mais sans plus, Martine. Je lui suis reconnaissant de bien nous aimer aussi, de nous prévenir quand les flics ne sont pas loin (depuis les urinoirs, on ne peut pas les voir débouler), de nous alerter quand elle repère quelqu&#8217;un de louche ou de menaçant pour &laquo;&nbsp;ses garçons&nbsp;&raquo; (elle est un peu notre mère poule), mais je ne lui ai jamais sauté au cou.<br />
Comme elle malgré son prénom de par chez nous, je soupçonne Hugo d&#8217;être russe, ou yougoslave, ou bulgare. Tous les deux ont ces cheveux blondasses et ces yeux lavés des gens de par là-bas.<br />
Plutôt qu&#8217;un baiser, je me suis contenté d&#8217;un clin d&#8217;œil complice. Martine me l&#8217;a rendu et s&#8217;est mise à déblatérer sur mon compte en réponse aux questions de cette espèce de polonais mal rasé.<br />
J&#8217;ai croisé Djalil qui sortait de l&#8217;espace urinoirs. Il m&#8217;a serré la main, et d&#8217;un regard m&#8217;a demandé ce que je pensais du vieux qui le suivait, un type dans les trente-cinq, trente-cinq ans et demi, que je ne connaissais pas, plutôt mon genre d&#8217;ailleurs que celui de Djalil, mais malgré cela, d&#8217;un signe, je lui ai fait comprendre, ok, qu&#8217;il pouvait y aller. Depuis le temps, nous avons entre nous le langage des yeux.<br />
Si la Gare du Nord était sinistre et déserte à cette heure, les chiottes, elles, étaient bondées… et tout aussi sinistres. J&#8217;y suis habitué, je ne m&#8217;attendais pourtant pas à avoir à faire la queue pour un urinoir et un pipi. Il y a bien huit ou dix stalles ici, et huit ou dix messieurs alignés qui se tordent la figure pour zieuter par-dessus les cloisons de faïence vers les déballages de braguettes. Parole, tous ont des problèmes de strabisme, et aussi de prostate.<br />
Une place s&#8217;est libérée, sur laquelle j&#8217;ai sauté comme un morpion, puis une seconde, la toute voisine. Ça marche on dirait, ça sort par couples. Pas le temps de descendre le zip qu&#8217;un autre morpion s&#8217;installe à côté de moi, exhibe tout son attirail et… : ben merde ! Hugo !<br />
Pute borgne !<br />
La fragrance ici, c&#8217;est eau de javel et produits d&#8217;entretien à la&#8230; javel. Pas pipi. Parce que presque personne d&#8217;autre que les paumés ne pisse dans les urinoirs, on va dans les cabinets pour ça. Ben dis donc, il dégage le Hugo, j&#8217;avais oublié ce que peut être un tel&#8230; fumet ! Et puis, ça couronne ou ça étrangle, il est affublé d&#8217;un horrible phimosis violacé qui me ferait presque le plaindre. Beuark !<br />
Qu&#8217;est-ce qu&#8217;il cherche ? Que veut-il me démontrer ? Que ses &laquo;&nbsp;handicaps&nbsp;&raquo; ne l&#8217;empêchent pas d&#8217;être plus attirant et plus baisable que moi, ? Qu&#8217;il vaut mieux que je &laquo;&nbsp;la&nbsp;&raquo; laisse en paix dans mon calcif…?<br />
Je l&#8217;ai abandonné là. J&#8217;étais colère, je suis allé piquer sa place dans l&#8217;escalier, debout sur l&#8217;avant-dernière marche… et j&#8217;ai pris mon air mauvais.<br />
Trop occupés à nous faire la guerre, ç&#8217;a duré plus de deux bonnes heures, je ne sais pas lequel a tourné le plus autour de l&#8217;autre en lui cassant sa baraque, nous ne nous sommes fait personne ce soir-là.</p>
<p>De tous mes lieux de drague, mon préféré ce sont les vespasiennes de la montée vers la Cour Diderot de la Gare de Lyon. Ce n&#8217;est pas loin de chez moi, c&#8217;est en plein air, il y a du passage, et pour peu qu&#8217;on s&#8217;éloigne de quelques mètres et des relents de pain trempé dans l&#8217;urine, l&#8217;endroit est assez sympa. Si l&#8217;on veut consommer sur place, il suffit de descendre les escaliers et de traverser la rue de Bercy. De l&#8217;autre côté, tout est en travaux et plein de recoins très excitants pour qui aime l&#8217;inconfort d&#8217;un tas de parpaings et d&#8217;étais, ou connaître la peur de se faire surprendre.<br />
La nuit, à droite de la gare, c&#8217;est un véritable coupe-gorge. Je n&#8217;ai jamais osé m&#8217;y aventurer, pas même en reconnaissance de jour. Je suis… peureux.<br />
J&#8217;aime bien aussi les toilettes du cinquième étage, à Rivoli, dans le magasin où je bosse. Je profite de mes pauses. Là-haut, on ne me connaît pas, il n&#8217;y a pas beaucoup de risques. Je me suis rendu compte que c&#8217;était un plus le jour où j&#8217;ai oublié de l&#8217;enlever, alors je remets mon badge BHV, mais pas celui avec &laquo;&nbsp;sous-sol – outils de jardinage&nbsp;&raquo;, quand je me secoue devant un urinoir. Ça marche du feu de dieu.<br />
Aujourd&#8217;hui, je ne bosse pas et j&#8217;ai choisi l&#8217;air libre.<br />
Pas un péquin ! Ou plutôt si, un, lui, Hugo, qui est venu se poser devant moi, à moins de cinq mètres, comme s&#8217;il tombait du ciel.<br />
&laquo;&nbsp;Si tu crois que t&#8217;as une gueule d&#8217;ange…&nbsp;&raquo; J&#8217;avais l&#8217;insulte au bord des lèvres.<br />
Je me suis brutalement rendu compte que s&#8217;il y avait eu un témoin à notre combat de coqs, il se serait inévitablement demandé si nous ne sortions pas du même moule ou si les pédés un peu pute ne se reproduisaient pas par génération spontanée.<br />
La même morgue morveuse, la même tignasse ébouriffée (mais je suis brun), les mêmes blue-jeans (mais je n&#8217;ai pas sous le nombril cette initiale imbécile, H comme <a href="http://basilebordes.wordpress.com/images/">Hermès</a>, mon cul), et tiens, à propos de cul, le même p&#8217;tit cul, le même col roulé, le même blouson étriqué (ouais, le mien est en cuir noir, le skaï du sien a été blanc et affiche dans le dos un accroc en forme de L), aussi les mêmes santiags (merde, mes pompes ont été achetées samedi, elles brillent comme des sous neufs, celles d&#8217;Hugo sont venues à pied depuis Budapest, ça se voit…), alors, je hais ce mec.<br />
Je vais lui montrer qui est le plus fort. À ce jeu, je suis imbattable, personne ne m&#8217;a jamais fait baisser le regard. Je me suis mis à le dévisager comme si je voulais le déshabiller, sans craindre que le faisandé n&#8217;ait remplacé le fumet de dimanche.<br />
J&#8217;ai compris qu&#8217;il acceptait le défi.<br />
Il a cligné deux fois, comme pour prendre des forces, et puis il a planté ses yeux dans les miens, à m&#8217;en faire mal. Je crois avoir tenu le coup de longues minutes, je transpirais…<br />
J&#8217;ai regardé par terre…<br />
Aujourd&#8217;hui, il fait un soleil d&#8217;octobre à éblouir les taupes, qui me rentre par tous les pores et qui me rend heureux, qui devrait me rendre heureux. Même la verroterie de la boucle du ceinturon d&#8217;Hugo en a attrapé un rayon…<br />
C&#8217;est ce moment qu&#8217;a choisi un gros nuage pour venir assombrir tout le ciel du XIIe.<br />
Je suis plongé dans la pénombre…<br />
… et horreur ! je me rends soudainement compte que je porte des verres solaires. C&#8217;est un cadeau invendable de mon opticien quand je suis reparti de sa boutique avec des lentilles. Un truc ordinaire, façon Ray-Ban avec d&#8217;immenses carreaux en gouttes d&#8217;huile plus noirs que ceux des aveugles. Eux, ils ne veulent pas qu&#8217;on voie leurs yeux, moi, j&#8217;avais oublié qu&#8217;on ne pouvait même plus apercevoir les miens.<br />
Pute borgne ! J&#8217;ai baissé le regard face à celui, cérule, de ce petit con qui ne connaît toujours pas la couleur du mien!</p>
<p>Putain Maman, pourquoi tu m&#8217;as fait des yeux marron, des yeux de cochon ?</p>
<br />Publié dans errance(s), roman privé Tagged: tapin, tata <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/320/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=320&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Protégé : mélancolie</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Dec 2008 21:55:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce poste est protégé par mot de passe. Vous devez visiter le site Web et entrez le mot de passe pour continuer la lecture.</p>
<br />Publié dans correspondance, en italiques Tagged: caleçon, courriel, sugar baby love, vih <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/309/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=309&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>du latex et des gants</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 08:45:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[errance(s)]]></category>
		<category><![CDATA[roman privé]]></category>
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		<category><![CDATA[fuck]]></category>
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		<description><![CDATA[Fin des années quatre-vingt, en été, il fait beau et chaud et je sors difficilement d’une relation de sept ans. Cette nuit-là, je ne trouve pas le sommeil. Trop faim ? En manque ? L’orée du Bois de Vincennes est à quelques pas de chez moi. J’y connais un lieu de drague. Cette nuit-là j’ai [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=299&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fin des années quatre-vingt, en été, il fait beau et chaud et je sors difficilement d’une relation de sept ans.<br />
Cette nuit-là, je ne trouve pas le sommeil. Trop faim ? En manque ?<br />
L’orée du Bois de Vincennes est à quelques pas de chez moi. J’y connais un lieu de drague.<br />
Cette nuit-là j’ai rencontré un garçon magnifique, grand, mince, beau. Vingt ans, pas plus. Et toute la misère du monde dans les yeux.<br />
Sans un mot, j’ai déboutonné sa chemise, il m’a aidé à dégrafer son jeans et à baisser son caleçon, et debout contre un arbre, la tête en arrière,  il m’a laissé caresser son sexe… et a déchargé sur son ventre aussi vite qu’il m’avait abordé, aussi vite qu’il allait bientôt s’éloigner et disparaître.<br />
Sa peau totalement épilée (je me demande encore s’il avait jamais eu de poils et cela m’a terriblement excité), sa peau était très douce et mes doigts y ont étalé délicatement son sperme avant d’être brusquement repoussés.<br />
Jamais je n’ai connu de pratique à risques.<br />
A cette époque, mon ex était au chevet de celui qui m’avait remplacé dans son cœur et dans son lit, mourant de pneumocystose, et c’est un peu comme si j’étais moi aussi touché. Ne jamais connaître ça !<br />
Mais je suis diabétique insulino-dépendant. L’auto-surveillance de mon diabète passe par de multiples prélèvements de sang que je fais quotidiennement au bout des doigts et qui, chaque fois, occasionnent une petite blessure.<br />
Oui, ne souris pas&#8230;<br />
&#8230; cette nuit-là, j’ai été « contaminé » pour n’avoir pas mis de gants Mapa.</p>
<p>Sors couvert !</p>
<br />Publié dans errance(s), roman privé Tagged: caleçon, fuck, vih <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/299/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/299/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=299&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>fils d&#8217;ouvrier</title>
		<link>http://basilebordes.wordpress.com/2008/12/01/fils-douvrier/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2008 13:58:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[roman privé]]></category>
		<category><![CDATA[ambulance]]></category>
		<category><![CDATA[frangin]]></category>

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		<description><![CDATA[Le combiné grésille à mon oreille. J&#8217;entends des voix lointaines et inintelligibles. De temps en temps je capte un mot qui ressemble à du français : ambulance, couvreur, quatre mètres… Je suis en nage. En trois minutes, j&#8217;ai dû faire autant de jus que le gros bonhomme en un quart d&#8217;heure. Je ne veux pas [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=258&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le combiné grésille à mon oreille. J&#8217;entends des voix lointaines et inintelligibles. De temps en temps je capte un mot qui ressemble à du français : ambulance, couvreur, quatre mètres…<br />
Je suis en nage. En trois minutes, j&#8217;ai dû faire autant de jus que le gros bonhomme en un quart d&#8217;heure. Je ne veux pas entrouvrir la porte, comme lui, ni ne me retourner pour regarder vers les guichets par la vitre sale. Je voudrais tellement me trouver ailleurs. Ici, je suis en danger, je le sens bien. Ou alors en sécurité, je ne sais plus.<br />
C&#8217;est la peur qui me fait autant transpirer…</p>
<p>Une voix masculine et désagréable, je crois entendre mon prof de gym, m&#8217;interpelle enfin.<br />
-    Bonjour, Mademoiselle. Puis-je vous demander qui vous êtes ?<br />
-    Euh… je suis le fils du monsieur qui a eu un accident.<br />
-    Je vous prie de m&#8217;excuser, Monsieur. De quel accident parlez-vous ?<br />
-    Il y a eu un accident, sans doute sur le chantier de couverture. C&#8217;est dans la gare… Tout à l&#8217;heure…<br />
-    Nous avons entendu la sirène des pompiers, et celle d&#8217;une ambulance aussi. C&#8217;était il y a deux heures. Le bruit court qu&#8217;un ouvrier aurait fait une chute. Il travaillait sur le toit du Buffet de la Gare.<br />
-    Oui, c&#8217;est bien ça, c&#8217;est bien là…<br />
-    Vous savez, ce n&#8217;est pas très haut, pas plus de quatre mètres. Vous connaissez peut-être. C&#8217;est une aile du bâtiment, sur la cour principale et le parking. On raconte que l&#8217;ouvrier serait tombé sur un tas de sable qui aurait amorti le coup. Une ambulance l&#8217;a emmené, sans doute à l&#8217;hôpital, vous devriez téléphoner là-bas, jeune homme. Ils vous renseigneront.<br />
Mon interlocuteur a débité tout ça d&#8217;une voix monocorde, et comme tout à l&#8217;heure quand je percevais une conversation en bruit de fond et que seuls quelques mots me parvenaient à l&#8217;oreille, je ne comprends que ces trois-là : chute, quatre mètres…<br />
-    …<br />
-    Mad… Pardon, Monsieur, êtes-vous là ?<br />
-    Euh… je vais appeler l&#8217;hôpital… Merci Monsieur…<br />
-    Que dis-tu ?<br />
En aparté. Ça ne s&#8217;adresse pas à moi. Je ne raccroche pas. Il n&#8217;y a plus rien dans l&#8217;écouteur et c&#8217;est bien pire que tout.<br />
-    Jeune homme ? Excusez-moi ! Il s&#8217;agirait d&#8217;une chute mortelle et…<br />
Je n&#8217;entends pas la suite. Le combiné m&#8217;a échappé des mains, je le tenais à deux mains, comme si je m&#8217;y agrippais, et je l&#8217;échappe. Je le regarde pendouiller au bout de son fil en se balançant.</p>
<p>Comme tantôt en face de chez Mademoiselle Marthe, je ne sais pas comment je me suis retrouvé dans la rue. Je marche, je cours presque, vers la Cathédrale, et je me demande bien pourquoi. C&#8217;est vers la maison, à l&#8217;opposé, que je devrais courir.<br />
Ai-je payé la communication ?<br />
Et pourquoi est-ce que je me demande ça ? Je n&#8217;ai plus le Victor Hugo en poche, mais des pièces de monnaie, assez pour acheter le paquet de riz que je dois ramener.<br />
Mon ciboulot est en train de bouillir. À toutes les questions qui se posent, je trouve une réponse du tac au tac, sauf à celle-ci : qu&#8217;est-ce que je fais là ?<br />
Je bouscule une forte femme. Je ne m&#8217;excuse même pas et je l&#8217;entends qui vocifère dans mon dos. Il me semble, à ses aigus, que c&#8217;est la mère d&#8217;un de mes copains de collège. Je m&#8217;en fous.<br />
C&#8217;est quoi une chute mortelle ? Une chute qui aurait pu provoquer la mort, ou une chute qui a provoqué la mort ?<br />
Peut-on se tuer en tombant de quatre mètres de haut, sur un tas de sable pour amortir la chute, qui plus est ?<br />
Je réponds non !<br />
Quand les pompiers appellent une ambulance, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu mort d&#8217;homme, n&#8217;est-ce pas ? On a entendu les pin-pon des pompiers, mais aussi ceux de l&#8217;ambulance. Partait-elle vers l&#8217;hosto avec un blessé à son bord ?<br />
Je réponds qu&#8217;une ambulance transporte des blessés !<br />
Tout à l&#8217;heure, quand elle a appelé Monsieur Jannaud, la dame du café a dit que Monsieur Bordes avait eu un accident. Sur le chantier du Buffet de la Gare, aujourd&#8217;hui et depuis le début de la semaine, il y a deux Bordes, Calliste, mon papa, et Jean-Paul, mon frère. On m&#8217;appelle bien Monsieur au téléphone. Mademoiselle aussi, c&#8217;est vrai, mais je suis un Monsieur Bordes. Jean-Paul aussi en est un, comme Papa. Et si c&#8217;était lui le Monsieur Bordes qui est tombé de ce toit ?<br />
Je réponds : Jean-Paul !<br />
Et puis, au téléphone, le type de la SNCF m&#8217;a bien dit qu&#8217;un ouvrier aurait fait une chute. Un, il n&#8217;en est pas certain. Deux, Calliste n&#8217;est pas un ouvrier, il est patron !<br />
Mon frère non plus n&#8217;est pas ouvrier, il est apprenti, et ça, le type de la SNCF, il ne peut pas le savoir. Alors, pourquoi pas Maurice dans l&#8217;ambulance, pourquoi pas Titou ?<br />
Je réponds…<br />
Je reconnais que Papa, quand il s&#8217;amuse à parodier les hommes politiques, imite facilement Jacques Duclos en commençant son discours ainsi : &laquo;&nbsp;Petit-fils d&#8217;ouvrier, fils d&#8217;ouvrier, ouvrier moi-même…&nbsp;&raquo;, et qu&#8217;il n&#8217;a jamais prétendu être patron. Ni même artisan d&#8217;ailleurs. Il est charpentier, et il dit que ça lui suffit bien.</p>
<p>Est-ce l&#8217;ombre de la Cathédrale qui me donne envie de m&#8217;adresser à&#8230; lui ? Je ne crois plus au Bon Dieu, je le sais incapable de vouloir quelque chose, de pouvoir quelque chose pour moi. Mais ma conversion est bien trop récente pour m&#8217;empêcher de faire cette prière imbécile :<br />
-    Mon Dieu, faites que ce soit Jean-Paul.</p>
<p>Je m&#8217;en veux aussitôt. Non pas de souhaiter que &laquo;&nbsp;ce soit Jean-Paul&nbsp;&raquo;, mais plutôt de demander cela à ce dieu que je ne crois pas bon.<br />
Une voiture freine à ma hauteur. Maman en sort en trombe et traverse vers moi sans rien regarder autour d&#8217;elle d&#8217;autre que moi.</p>
<p>-    Mon chéri !</p>
<br />Publié dans roman privé Tagged: ambulance, frangin <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/258/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/258/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=258&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>signe de vie</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Nov 2008 23:14:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[l'amant]]></category>
		<category><![CDATA[roman privé]]></category>
		<category><![CDATA[hosto]]></category>

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		<description><![CDATA[- Vous pouvez y aller. On vient de terminer sa toilette&#8230; L&#8217;infirmier a montré du doigt le long couloir sombre au fin fond duquel éclabousse une lumière crue, industrielle et froide. Cette lumière vient de sa chambre dont la porte doit être restée grande ouverte. J&#8217;hésite. Je suis pourtant bardé d&#8217;une certitude douloureuse. J&#8217;ai peur. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=249&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>- Vous pouvez y aller. On vient de terminer sa toilette&#8230;</p>
<p>L&#8217;infirmier a montré du doigt le long couloir sombre au fin fond duquel éclabousse une lumière crue, industrielle et froide.</p>
<p>Cette lumière vient de sa chambre dont la porte doit être restée grande ouverte.</p>
<p>J&#8217;hésite. Je suis pourtant bardé d&#8217;une certitude douloureuse. J&#8217;ai peur.</p>
<p>L&#8217;incrédulité, depuis tout à l&#8217;heure au milieu de l&#8217;après-midi, se lit dans le regard de Daniel. Il a peur.</p>
<p>Il s&#8217;avance pourtant avec assurance.</p>
<p>Je le suis, à quelques mètres.</p>
<p>J&#8217;ai conduit jusqu&#8217;à l&#8217;Hôtel-Dieu, bien sûr, mais je ne sais pas lequel de nous deux a emmené l&#8217;autre jusqu&#8217;ici, à presque minuit.</p>
<p>La pièce est noyée par les néons. Il fait très froid. L&#8217;air glacial de cette nuit de fin novembre entre par l&#8217;entrebâillement de la fenêtre sur cour.</p>
<p>Tout est blanc, comme surexposé, je ne distingue aucun détail.</p>
<p>Il est là, étendu à plat dos sur le lit métallique, un drap soigneusement remonté jusqu&#8217;aux aisselles, les épaules nues, les bras nus allongés le long du corps.</p>
<p>Son visage est impeccablement rasé, il n&#8217;a plus la barbe de trois jours que je lui ai vue à midi. Il n&#8217;a plus non plus autour du torse les bandages souillés de sang, mais un pansement fin, comme posé sur la poitrine.</p>
<p>Tout à l&#8217;heure, ses cheveux trempés de transpiration lui collaient au front et dans la nuque. Quand il parvenait à les ouvrir, ses yeux terrifiés et terrifiants roulaient de droite à gauche, de bas en haut. Sous le masque transparent, sa respiration irrégulière trahissait le manque d&#8217;air.</p>
<p>On a tout débarrassé autour du lit. Toutes les affreuses machines, qui ronronnaient ou sifflaient, et clignotaient de voyants orangé en bipant, ont disparu.</p>
<p>On a collé sur ses paupières deux fines lamelles de sparadrap blanc et brillant.</p>
<p>- C&#8217;est pour qu&#8217;il garde les yeux fermés&#8230;</p>
<p>Daniel travaille dans un hôpital de région parisienne. Il n&#8217;est arrivé qu&#8217;au train de dix-sept heures trente. Il a répondu à mon appel comme il répond maintenant à ma question muette.</p>
<p>Il est passé d&#8217;un côté du lit, dans la venelle. Je me suis placé côté fenêtre, côté cour, et côté cœur.</p>
<p>Je regarde ce visage blafard, presque verdâtre, encore marqué par toute la souffrance violemment endurée, le combat inutile et l&#8217;immense frayeur.</p>
<p>J&#8217;aurais tant aimé le trouver apaisé et serein&#8230; Il semble encore prisonnier des griffes d&#8217;une vaine bataille perdue d&#8217;avance !</p>
<p>J&#8217;ai pris sa main gauche entre mes deux mains, sans la soulever du drap.</p>
<p>Nous restons là, main contre mains. L&#8217;heure s&#8217;est arrêtée sur toutes les horloges de la Terre.</p>
<p>J&#8217;ai soudain senti une légère pression de ses doigts sur mes doigts&#8230;</p>
<p>&#8230; j&#8217;ai été bouleversé par ce geste, le dernier signe qu&#8217;il m&#8217;ait fait.</p>
<p><em>(26 novembre 1978 &#8211; CHU de Nantes)</em></p>
<br />Publié dans l'amant, roman privé Tagged: hosto <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/249/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/249/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=249&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>où vas-tu basile ?</title>
		<link>http://basilebordes.wordpress.com/2008/11/20/ou-vas-tu-basile/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 Nov 2008 15:40:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[roman privé]]></category>
		<category><![CDATA[parole(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Paroles: Géo Bonnet Musique: Louis Gasté © 1949 &#8211; Editions Louis Gasté Hello! Vous qui vous baladez sur ce site en ce moment, Pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ? Et par où diable l&#8217;avez-vous trouvé ?? Où vas-tu Basile sur ton blanc cheval perché ? Je vais à la ville le vendre [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=238&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Paroles: <em>Géo Bonnet</em><br />
Musique: <em>Louis Gasté</em><br />
© <em>1949 &#8211; Editions Louis Gasté</em></p>
<p><strong>Hello! </strong><br />
<strong>Vous qui vous baladez sur ce site en ce moment,<br />
Pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ?<br />
Et par où diable l&#8217;avez-vous trouvé ?? <img class="wp-smiley" src="http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" /></strong></p>
<p>Où vas-tu Basile sur ton blanc cheval perché ?<br />
Je vais à la ville le vendre au marché<br />
Ton cheval claudique mais vois-tu pour t’obliger<br />
Contre une vache magnifique je peux l’échanger</p>
<p>{<span style="text-decoration:underline;">Refrain:</span>}<br />
Sitôt dit sitôt fait bonne affaire se dit Basile<br />
Sitôt fait sitôt dit Basile est un dégourdi.</p>
<p>Où vas-tu Basile avec cette vache à lait ?<br />
Je vais à la ville la vendre au marché<br />
Ta vache à la fièvre la vendre est bien compliqué<br />
Contre ma plus belle chèvre veux-tu la troquer.<br />
{au Refrain}</p>
<p>Où vas-tu Basile de ta bique accompagné ?<br />
Je vais à la ville la vendre au marché<br />
Ce n’est pas facile car elle a le dos tordu<br />
A la place, prends Basile ce chapon dodu<br />
{au Refrain}</p>
<p>Où vas-tu Basile avec ce petit poulet ?<br />
Je vais à la ville le vendre au marché<br />
C’est un vrai squelette jamais tu ne le vendras<br />
Pour ce bouquet de violettes tiens, laisses-le moi.<br />
{au Refrain}</p>
<p>Où vas-tu Basile avec ce bouquet joli ?<br />
Je vais à la ville Mad’moiselle Lili…<br />
La ville est lointaine donne-moi plutôt ces fleurs<br />
En échange pour ta peine tu auras mon cœur</p>
<p>{<span style="text-decoration:underline;">Refrain:</span>}<br />
Sitôt dit sitôt fait que je t’aime dit Basile<br />
Sitôt fait sitôt dit c’est ainsi qu’on se marie !</p>
<p>Dans toute la ville ce mariage fit tant de bruit<br />
Qu’on nomma Basile Roi des dégourdis<br />
De toute cette histoire la morale est celle-ci<br />
Que celui qu’on croyait prendre n’est pas toujours pris…</p>
<p>Interprète : <em>Line Renaud</em></p>
<br />Publié dans roman privé Tagged: parole(s) <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/238/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/238/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=238&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">;-)</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>cabine trois</title>
		<link>http://basilebordes.wordpress.com/2008/11/14/cabine-deux/</link>
		<comments>http://basilebordes.wordpress.com/2008/11/14/cabine-deux/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2008 09:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[au nom du père]]></category>
		<category><![CDATA[roman privé]]></category>
		<category><![CDATA[téléphone]]></category>

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		<description><![CDATA[Je pense à quoi, moi, là, maintenant ? Depuis un moment, je suis planté en face de la petite boutique de Mademoiselle Marthe. Je ne sais pas comment je suis arrivé jusque-là. Ce n&#8217;est pas ma route. Les mots de Monsieur Jannaud me reviennent à l&#8217;esprit : &#171;&#160;Basile, il faut que tu rentres à la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=164&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je pense à quoi, moi, là, maintenant ?<br />
Depuis un moment, je suis planté en face de la petite boutique de Mademoiselle Marthe. Je ne sais pas comment je suis arrivé jusque-là. Ce n&#8217;est pas ma route.<br />
Les mots de Monsieur Jannaud me reviennent à l&#8217;esprit : &laquo;&nbsp;Basile, il faut que tu rentres à la maison…&nbsp;&raquo;<br />
Je suis devant la maison. Bizarrement, je lui tourne le dos. Mais…<br />
C&#8217;est un peu comme si je me réveillais d&#8217;un mauvais rêve.<br />
Cette maison, il y a maintenant plus de quatre ans que nous l&#8217;avons quittée. Pourquoi suis-je là ?<br />
Ça y est ! J&#8217;y suis ! Les choses retrouvent leur place.<br />
Il faut que je rapporte un paquet de riz, Maman m&#8217;a demandé de venir l&#8217;acheter chez Mademoiselle Marthe. Elle m&#8217;a donné un billet de cinq francs. Je ne suis donc pas revenu machinalement devant la maison où je suis né et où j&#8217;ai passé mes neuf premières années. Je dois aller chez Marthe acheter du riz parce que ma mère veut continuer &laquo;&nbsp;à la faire travailler&nbsp;&raquo;, comme avant, quand on n&#8217;avait que la rue à traverser…<br />
Marthe est sortie sur le pas de son Alimentation. Elle est intriguée de me voir là. Elle me fixe de son œil mauvais. Celui avec lequel elle n&#8217;a jamais été capable de me voir lui voler des tonnes de bonbons. Il faut dire que pour elle, c&#8217;était Jean-Paul qui était le voleur. Elle m&#8217;aurait donné le bon dieu sans confession, alors elle se méfiait peu de moi. Mon frère l&#8217;avait bien compris, qui m&#8217;ordonnait d&#8217;aller chaparder des Malabar ou des bâtons de réglisse sous peine de représailles. Et comme je le craignais plus que la vieille dame…<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mon Victor-Hugo ?<br />
Je fouraille dans mes poches. Où est ce foutu billet ?<br />
Putain ! J&#8217;ai perdu cinq cents francs. Maman ! J&#8217;ai perdu cinq cents francs !<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Basile ?<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je reviens,&nbsp; Madame, je reviens… A tout à l&#8217;heure.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu ne m&#8217;as pas dit bonjour, et tu me dis…<br />
Le restant de sa phrase s&#8217;est perdu dans mon élan. Refaire le chemin inverse. Retrouver le billet.<br />
Je marche d&#8217;un bon pas. Mes yeux les balaient, mes pas.<br />
Je ne me donne aucune chance. Jamais je n&#8217;ai trouvé le moindre cèpe. Alors un billet plié en quatre, quand quelqu&#8217;un aura eu le courage de se pencher.<br />
Dans ma course, je manque m&#8217;étrangler.<br />
Je crache.<br />
C&#8217;est là que j&#8217;ai entendu comme une sirène, que j&#8217;ai vu mille ampoules de cent Watt s&#8217;allumer en même temps : Basile !!!<br />
Je m&#8217;arrête. Je me baisse. Je ramasse la petite boulette que je viens de cracher. Malhabile, j&#8217;essaye de trouver à ce mâchouillis ce qui pourrait ressembler à l&#8217;angle d&#8217;un morceau de papier. Il me faudrait des ongles. Je ronge mes ongles.<br />
La petite sphère s&#8217;est ouverte comme un fruit trop mûr. Je reconnais Victor Hugo, et puis, je déchiffre l&#8217;illisible : 500. De l&#8217;encre rouge a coulé et tache mes doigts. Je comprends que c&#8217;est la surcharge. Nous sommes passés aux nouveaux francs. Cinq cents francs n&#8217;en valent plus que cinq, alors la contre valeur est indiquée en surimpression à l&#8217;encre rouge au centre du filigrane : 5 NF.<br />
Dans mon énervement, peut-être à même la poche, j&#8217;ai dû commencer par plier machinalement le billet de banque en huit, puis en seize, puis… puis j&#8217;en ai fait une petite boule informe que j&#8217;ai portée à la bouche. J&#8217;ai mâchouillé ça sans y mettre trop d&#8217;ardeur, sinon mon Victor-Hugo n&#8217;aurait plus été que papier mâché.</p>
<p>Cette fois, mes pas m&#8217;ont presque ramené à mon point de départ.<br />
Je viens de buter contre la camionnette des Postes en stationnement sur le trottoir. C&#8217;est la levée du courrier.<br />
Une idée vient de pointer le bout de son nez, et tout aussitôt, elle s&#8217;impose à moi malgré toute mon appréhension. J&#8217;ai de quoi payer. Il faut que je téléphone !</p>
<p>Je n&#8217;ai jamais passé un coup de téléphone de ma vie.<br />
Parmi tous mes copains, il n&#8217;y a que Jacques, à la marbrerie, le 1.92, et Michel, son père travaille aux Ponts &amp; Chaussées, chez qui l&#8217;on trouve le gros combiné en bakélite noire.<br />
Le bureau des PTT est aussi noir, de monde. Je fais la queue. Le temps ne fait rien à l&#8217;affaire, l&#8217;appréhension a fait place à l&#8217;angoisse. J&#8217;ai la trouille.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bonjour Madame. Je voudrais téléphoner à la gare de Pau.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quel numéro ?<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne sais pas. La gare de Pau. C&#8217;est important.<br />
Je dois être… décomposé. Je lis de l&#8217;apitoiement dans sa moue.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#8217;est important, oui, je comprends.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pouvez-vous me chercher le numéro, s&#8217;il vous plait ?<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n&#8217;ai que ça à faire… mais oui, je cherche ton numéro.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Merci Madame…<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Va t&#8217;asseoir, là. Il faut attendre, mon garçon. Je vais t&#8217;appeler.<br />
J&#8217;ai la trouille.<br />
J&#8217;ai la trouille…<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Saint-Nazaire ! Cabine trois !<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bordeaux ! Cabine deux !<br />
J&#8217;ai la trouille ! J&#8217;ai envie de sortir. J&#8217;ai envie de m&#8217;enfuir. Papa, j&#8217;ai peur.<br />
Ma transpiration me glace. Je vais vomir. Je vais dégueul…<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pau ! Cabine trois ! Mon garçon, c&#8217;est à toi, cabine trois !<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Merci Madame…<br />
Un gros monsieur me bouscule en sortant. Sa chemise est trempée. &laquo;&nbsp;Saint-Nazaire&nbsp;&raquo; marinait là depuis vingt bonnes minutes.<br />
- &nbsp; Tu ne peux pas te pousser, sale gosse ?<br />
La porte en bois verni de la cabine a un oculus. Instinctivement, j&#8217;appuie le dos à la vitre marquée d&#8217;empreintes de doigts et de museaux d&#8217;enfants. L&#8217;écouteur est tout chaud. C&#8217;est une étrange sensation.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Allo.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; …<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Allo. Je voudrais… euh… je voudrais un renseignement.<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour des horaires ? Pour…<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&#8217;aimerais savoir si… euh… si vous savez, si vous avez entendu parler d&#8217;un accident qui est arrivé à la gare… euh…<br />
-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ne quittez pas, Mademoiselle, je vous passe quelqu&#8217;un…</p>
<p>J&#8217;ai une voix de fille !</p>
<p><span><span style="font-style:italic;">(publié par <span style="font-weight:bold;">camomille</span> le samedi 15 novembre 2008)</span></span></p>
<br />Publié dans au nom du père, roman privé Tagged: téléphone <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/164/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/164/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=164&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>trois mètres cube</title>
		<link>http://basilebordes.wordpress.com/2008/11/07/trois-metres-cube/</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Nov 2008 09:48:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[au nom du père]]></category>
		<category><![CDATA[roman privé]]></category>
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		<description><![CDATA[Dimanche, il pleuvait à seaux. Aujourd&#8217;hui, il fait un soleil et une température de tous les diables. Les trois hommes ont chaud. Ils commencent aussi à en avoir plein les bras de ce déchargement qui aurait pu se faire en quelques minutes, s&#8217;ils avaient disposé d&#8217;une petite grue. Aucun n&#8217;y a pensé, ces engins sont [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=24&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche, il pleuvait à seaux. Aujourd&#8217;hui, il fait un soleil et une température de tous les diables.<br />
Les trois hommes ont chaud. Ils commencent aussi à en avoir plein les bras de ce déchargement qui aurait pu se faire en quelques minutes, s&#8217;ils avaient disposé d&#8217;une petite grue.<br />
Aucun n&#8217;y a pensé, ces engins sont rares.<br />
Trois mètres cube ! Ce ne sont pas trois stères de bois, trois mètres cube.<br />
Georges demande une pause cigarette. Accordée.<br />
Ils se sont assis sur le même madrier, en rang d&#8217;oignons, silencieux. Ils ne tirent pas trop sur la clope. Il s&#8217;agit de prolonger l&#8217;instant.<br />
Je m&#8217;éloigne de quelques pas vers l&#8217;avant du camion. Je regarde sa calandre.<br />
On reconnaît un Berliet au sigle chromé de la marque. La superposition d&#8217;un triangle, pointe en bas, d&#8217;un cercle et d&#8217;un rectangle debout, symbolisent la vue de face d&#8217;une locomotive. Je veux bien.<br />
Jean-Paul, mon frangin, me dit que c&#8217;est le masculin féminin, tout en reconnaissant que le rectangle devrait être en bas et le triangle, comme une flèche, en haut. Je me demande où il va chercher ça. Je préfère la locomotive.<br />
Celle qui est à l&#8217;avant de mon camion Dinky-Toys est très abîmée. La peinture est partie. Elle n&#8217;a pas supporté les chocs.<br />
Quand je vais chez Michel, j&#8217;emporte toujours les meilleurs de mes modèles réduits. Ceux qui vont le plus vite dans la descente du garage de sa maison.<br />
Je suis comme lui, je n&#8217;aime pas perdre. Mais quand moi je tricherais plutôt, lui invente toujours de nouvelles règles. C&#8217;est chiant.<br />
Nous nous défions avec nos autos. On les place derrière une planche, en haut de la rampe. On lève la planche. Elles déboulent à toute bringue. La première dans le caniveau a gagné, et le vainqueur est celui à qui elle appartient.<br />
J&#8217;avais deux championnes, la Talbot Lago bleue et la Ferrari rouge (de Fangio !). Michel les a disqualifiées. Pas de voitures de course ! Je ne les emmène plus.<br />
Grâce à son poids, le tracteur Unic de mon semi-remorque s&#8217;est mis à gagner toutes les épreuves. Michel a exigé de lui atteler sa remorque chargée des billes de bois. Comme ça, il déraille à tout coup. Enfin, il se met de travers, ou alors, il se couche sur le côté. J&#8217;enrage.<br />
Il y a longtemps que je n&#8217;ai pas fait courir mon semi. Je ne sais même plus si c&#8217;est un Unic ou un Willème.<br />
Aux vacances de Pâques, j&#8217;ai fait avec Serge un échange… malhonnête.<br />
Malhonnête, c&#8217;est ce que diraient sa mère et surtout la mienne si par malheur, elles l&#8217;apprenaient.<br />
Serge a tous les jouets qu&#8217;il demande, même un train électrique, c&#8217;est dire. Il n&#8217;est pas capable de leur accorder d&#8217;importance, alors je lui ai échangé son Berliet carrière à benne Marrel contre une demi-douzaine d&#8217;animaux d&#8217;Omo. Il n&#8217;avait que des gros, trouvés dans des barils de lessive. Il voulait les miens, des petits, trouvés dans les paquets d&#8217;un kilo.<br />
Comme il est content avec son gros et son petit éléphant, avec sa grande et sa petite girafe…, chacun a trouvé son compte. Le Berliet est imbattable si on ne lui coupe pas la route ou si Michel…</p>
<p>- Monsieur Jannaud ! Monsieur Jannaud !! Monsieur Jannaud !!!<br />
Une voix de femme me fait tourner la tête vers la galerie béarnaise de la grosse bâtisse voisine de l&#8217;atelier, huit ou dix mètres au-dessus de nous.<br />
C&#8217;est celle de la tenancière du café, le Café de la Poste, qui se trouve en face de la Poste, et qui donne aussi sur cette galerie, en façade arrière.<br />
- Monsieur Jannaud, il faut que vous veniez au téléphone.<br />
- Cela ne peut-il pas attendre un peu ? Vous êtes en communication ? Prenez le numéro…<br />
- Il faut que vous veniez tout de suite !<br />
- Vous voyez bien que…<br />
- Monsieur Bordes a eu un accident !<br />
Un coup de tonnerre assourdissant.<br />
Le ciel s&#8217;obscurcit soudainement. Un éclair aveuglant. La tête me tourne, et moi, je vais tourner de l&#8217;œil.<br />
Non, le ciel est d&#8217;un beau grand bleu. Le soleil inonde tout. Je dois avoir faim. Quelle heure est-il ? Il faut que je rentre chez moi…<br />
- Basile, il faut que tu rentres à la maison…<br />
- Mais…<br />
- Ta maman va t&#8217;attendre. Je pars tout de suite pour Pau. Georges va terminer le déchargement. On a presque fini…<br />
Sans prendre sa veste avec lui, sans un au revoir, Monsieur Jannaud, de Bordes &amp; Jannaud, court vers le portail et vers sa voiture, garée rue du Gave.<br />
- Ça va aller, fi… mon grand ?<br />
Le chauffeur du semi s&#8217;étrangle. &laquo;&nbsp;Fistounet&nbsp;&raquo; me regarde avec de drôles d&#8217;yeux…<br />
- Ça va aller, Basile ! Il n&#8217;y a rien de grave, tu vas voir. Tu rentres rue des Pyrénées. Je ne peux pas t&#8217;accompagner maintenant…<br />
George me serre maladroitement la main gauche. Je porte machinalement ma main droite à la poche. Je me demande bien pourquoi. Je n&#8217;ai pas de clé. Je ne mets jamais l&#8217;anti-vol au vélo. Il est trop pourri mon vélo.</p>
<p>J&#8217;aimerais bien être à vélo.</p>
<p><span><span style="font-style:italic;">(publié par <span style="font-weight:bold;">camomille</span> le samedi 8 novembre 2008)</span></span></p>
<br />Publié dans au nom du père, roman privé Tagged: amicalement votre, copain, frangin, jouets <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/24/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=24&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>la traversée en ville</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Nov 2008 21:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>basile</dc:creator>
				<category><![CDATA[au nom du père]]></category>
		<category><![CDATA[roman privé]]></category>
		<category><![CDATA[copain]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me suis calé contre la vitre. L&#8217;habitacle est immense. Je suis pourtant un grand garçon, plus grand que tous mes camarades, mais je me sens comme perdu là-dedans. Il y a bien la place d&#8217;en mettre trois autres comme moi entre le conducteur et moi. Le lourd camion, c&#8217;est un semi-remorque, s&#8217;est ébranlé lentement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=11&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me suis calé contre la vitre.<br />
L&#8217;habitacle est immense. Je suis pourtant un grand garçon, plus grand que tous mes camarades, mais je me sens comme perdu là-dedans. Il y a bien la place d&#8217;en mettre trois autres comme moi entre le conducteur et moi.<br />
Le lourd camion, c&#8217;est un semi-remorque, s&#8217;est ébranlé lentement dans un grand fracas.<br />
Je domine le monde. C&#8217;est comme si j&#8217;y voyais mieux. J&#8217;aperçois Gérard de là-haut.<br />
Il s&#8217;est assis sur la murette, devant chez lui. Je crois qu&#8217;il regarde vers ici.<br />
-    S&#8217;il vous plait Monsieur. Est-ce que vous pourriez klaxonner en passant devant mon copain.<br />
-    À tes ordres, fiston. C&#8217;est toi qui commande la manœuvre.<br />
Son poing s&#8217;est écrasé au centre du volant.<br />
Je n&#8217;avais jamais entendu un tel barrissement. Je suis le cornac d&#8217;un éléphant monstrueux, d&#8217;un mammouth attaqué par des tigres. Son cri de bête blessée me donne la peau de la poule. J&#8217;ai eu très peur.<br />
Gérard s&#8217;est levé d&#8217;un bond. Il est comme pétrifié, émerveillé et incrédule. Il a eu très peur.<br />
Quand je passe devant lui, au-dessus de lui, il est sans doute difficile de dire lequel de nos deux cœurs bat le plus vite. Je parie que c&#8217;est le mien. Je suis en train de vivre un rêve.<br />
J&#8217;y plonge dedans, avec un peu d&#8217;assurance retrouvée.<br />
-    Vous prenez tout de suite à gauche. Et puis encore à gauche. Je vous fais passer par la ville.<br />
-    À tes ordres, fiston.<br />
-    À vélo ça passe. Vous croyez que votre camion…?<br />
-    Je ne sais pas où se trouvent la rue du Gave et l&#8217;atelier Bordes, mais je connais déjà le patelin. On passe.<br />
- C&#8217;est un Berliet ? Le tracteur de mon semi-remorque est un Unic. Je livre aussi du bois. Des billes de bois qui font la longueur de la remorque. Six.<br />
-    Six ?<br />
- On va passer devant, euh, à côté de la Cathédrale. À la pharmacie, il faut tourner à gauche à angle droit. Six billes de bois. Papa dit qu&#8217;elles pèsent des tonnes. J&#8217;ai aussi un Berliet, mais il n&#8217;a pas la cabine avancée. C&#8217;est un camion-benne…<br />
-    Une benne Marrel, fiston ?<br />
-    Vous connaissez ? La benne est orangée. La cabine bleue. Il roule vachement bien…<br />
-    Ce sont des jouets ?<br />
-    Non ! Oui, mes Dinky-Toys !<br />
Mes jouets, c&#8217;est toute une histoire…<br />
Nous avons tourné l&#8217;angle de la Pharmacie. La rue du Fort est très étroite. Pas droite du tout. Il n&#8217;y a pas de trottoirs. Les voitures stationnent n&#8217;importe comment, n&#8217;importe où. Je ne vois que les toits des autos. C&#8217;est étrange. On va bien finir pas en accrocher une. J&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;on leur passe dessus.<br />
Le camion avance régulièrement, sans aucun à-coup. Ce chauffeur est un as.<br />
Dommage qu&#8217;il m&#8217;appelle toujours fiston. Je ne supporte pas cela. Ça me hérisse d&#8217;autant plus que je sais que je suis absolument incapable de lui demander d&#8217;arrêter de dire fiston.<br />
-    Il faut contourner le Jardin Public.<br />
-    À tes ordres. Tu es un sacré co-pilote, p&#8217;tit gars.<br />
Il n&#8217;a pas dit fiston. Je suis un petit gars. Tu parles, je suis presque aussi grand que lui… Mais il n&#8217;a pas dit fiston…<br />
- À la Poste, il faut traverser le carrefour. Le pont sur le gave est à droite. Nous, on va en face, c&#8217;est la rue du Gave. L&#8217;atelier est en contrebas.<br />
-    En contrebas ?<br />
-    Oui, au bord du gave.<br />
- Il faut que je descende au bord du gave ? Avec un semi, avec trente tonnes de bois. Ils sont fous. Pourquoi aller se planter au bord du gave, bon dieu ? Ils sont fous ! Ton père est un fou…<br />
-    Avant, c&#8217;était une tannerie !</p>
<p>Le crissement des freins est aussi impressionnant que le coup de klaxon, tout à l&#8217;heure. On y sent de l&#8217;énervement, cette fois.<br />
Et encore, le chauffeur ne fait que deviner ce que peut-être le chemin en forte déclivité qui mène jusqu&#8217;à l&#8217;atelier. Il ne l&#8217;a pas encore vu.<br />
Je saute du camion. Je dévale la pente en courant. Je dois prévenir Monsieur Jannaud.<br />
Monsieur Jannaud est l&#8217;associé de mon père. Entreprise Bordes &amp; Jannaud. Jannaud c&#8217;est lui. Il est menuisier. Papa est charpentier. Il reste presque tout le temps à l&#8217;atelier. Papa va sur les chantiers. Il fait les comptes et la paye des ouvriers. Papa travaille sur les arbalétriers ou les arêtiers, sur les couvertures d&#8217;ardoise… ou alors il crée des escaliers balancés ou à limons droits… Il fait les devis et les factures. Papa apporte les factures aux clients. Papa m&#8217;a confié que c&#8217;est ce qu&#8217;il aime le moins faire, apporter les factures aux clients, que ce n&#8217;est pas son métier…<br />
Guidé par Monsieur Jannaud d&#8217;un côté, et par Georges, le seul ouvrier qui ne soit pas parti sur chantier aujourd&#8217;hui, de l&#8217;autre, le lourd semi-remorque recule lentement dans la descente. J&#8217;admire la manœuvre. Seules quelques branches basses des arbres qui bordent l&#8217;espèce d&#8217;allée souffrent sous l&#8217;assaut aveugle de la cargaison de poutres et de madriers, de bastaings et de chevrons.<br />
-    Il faut décharger tout ça ?<br />
-    T&#8217;es fou, fiston. Ton père n&#8217;a commandé que trois mètres cubes de chevrons cette fois. C&#8217;est déjà pas si mal…<br />
Putain ! Fiston !<br />
Le chauffeur monte sur le chargement. On dirait un ours. Il dégage la bâche verte.<br />
Commence alors une longue livraison, descendues une par une, d&#8217;un tas de pièces de bois blanc et tendre, du sapin du Nord. Georges et Monsieur Jannaud reconstituent au sol l&#8217;empilement parfait des chevrons que leur passe de là-haut &laquo;&nbsp;Fistounet&nbsp;&raquo; (je l&#8217;appelle comme ça, maintenant !). Je me contente d&#8217;intercaler les quelques liteaux qu&#8217;il me lance.<br />
Ma mission de co-pilotage s&#8217;est terminée à bon port.<br />
Je me sens inutile.</p>
<p>Mon père ne veut pas que je sois charpentier.</p>
<p><span><span style="font-style:italic;">(publié par <span style="font-weight:bold;">camomille</span> le mardi 4 novembre 2008)</span></span></p>
<br />Publié dans au nom du père, roman privé Tagged: copain <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/basilebordes.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/basilebordes.wordpress.com/11/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=basilebordes.wordpress.com&amp;blog=5431919&amp;post=11&amp;subd=basilebordes&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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